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La loi d'empoisonnement maximum ou Loi de Murphy

Au supermarché, les autres files avancent toujours plus vite que la nôtre; il ne pleuvra que si nous avons oublié notre parapluie; notre tartine beurrée tombe toujours du côté du beurre... Le monde serait-il ligué contre nous? à en croire la Loi de Murphy, les contrariétés du quotidien relèvent de la logique. Vous essayez de brancher votre ordinateur. La fiche a un «haut» et un «bas». Vous, tentez de la rentrer sans regarder la prise: inutile de dire que la fiche sera à l'envers et que l'ordinateur ne fonctionnera pas. La loi de Murphy, peut-être mieux connue sous le nom de «loi de l'empoisonnement maximum» ou «loi de la tartine beurrée» a frappé; dès qu'il existe une possibilité que les choses tournent mal, elles tournent mal. E. Murphy, l'ingénieur américain amateur de philosophie qui formula cette loi en 1949, ne voulait pas en donner une impression si pessimiste. Il cherchait simplement à s'assurer que ce qui venait de lui arriver ne se reproduirait jamais. Le capitaine Murphy, alors affecté au projet MX981 de l'armée américaine, venait d'achever une série de tests sur un avion à réaction. Il devait par ailleurs étudier les conséquences, sur les pilotes d'essai, de la décélération brutale. Il avait donc mis au point une combinaison équipé de 16 capteurs de mesure répartis sur le corps du pilote. Murphy savait pouvoir y accorder sa totale confiance? Mais ce jour-là aucun des capteurs n'enregistra la moindre information. Les vérificateurs permirent de constater que l'appareil de mesure fonctionnait normalement, et que les câbles qui assuraient la liaison avec la combinaison du pilote étaient en parfait état de marche. L'erreur ne pouvait donc résider que dans les capteurs eux-mêmes. Que quelques-uns aient pu avoir une défaillance n'aurait rien eu d'exceptionnel. Mais il semblait très peu probable que tous aient cessé de fonctionner en même temps. En fait, les capteurs ne pouvaient fonctionner qu'à condition d'être branchés dans le bon sens. Or, ce jour-là, le technicien qui avait réalisé les branchements les avaient tous effectués à l'envers. Ce qui explique qu'aucune mesure n'ait été enregistrée. La probabilité d'une telle erreur est presque nulle. Raison de plus pour prendre toutes les précautions afin d'éviter un tel désastre. Pour ce faire, on se fonde sur l'hypothèse de travail, raisonnable et à la fois presque paranoïaque que formula Murphy lorsqu'il rendit compte de l'échec total des expériences: «S'il existe deux ou plusieurs moyens de réaliser une opération, et si l'un d'eux peut mener à la catastrophe, il est certain que quelqu'un l'emploiera.» Aujourd'hui encore, cette loi résonne dans l'esprit de tout ingénieur responsable d'un système censé être à toute épreuve. La formule connut un succès immédiat. Quelques mois plus tard, on la répétait dans les bases les plus isolées de l'armée de l'air américaine. Le capitaine n'avait fait qu'exprimer une frustration connue de tous les ingénieurs. Neuf ans plus tard, elle connaissait la consécration en apparaissant pour la première fois, sous le nom de «Murphy's Law», dans un dictionnaire anglais. Cinquante ans plus tard, cette loi est toujours d'actualité: il faut reconnaître qu'elle n'a pas son égale pour expliquer les catastrophes. Mais une formule populaire n'a pas forcément de fondement. D'ailleurs, la plupart des scientifiques considèrent que la loi de Murphy ne peut être considérée comme une loi au sens physique du terme.

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